Le mariage selon la tradition Layène
De par le Nom de Dieu, le Clément, le Tout Miséricordieux
Le mariage est le seul meilleur moyen légal reconnu par l'Islam, pour accroitre la nation mohammadienne par la procréation. En instaurant des lois canoniques, l'islam a crée une rupture d'avec la société antéislamique arabe où seules les facilités de créer des poèmes ou la possession de biens matériels donnaient aux hommes la possibilité d'avoir des femmes. Mohamed - PSl- apporta une autre vision du mariage en donnant plus de considération aux femmes naguère prises comme des objets tout en prônant l'entraide, la solidarité entre les différentes tribus et familles arabes.IL disait « jeunes gens ! Celui d'entre vous qui est capable de se marier, qu'il se marie. L'union conjugale rend le regard plus décent et préserve la pudeur. »- Boukhari et Mouslim.
Sous sa seconde mission, sous le nom de, Limamou Laye - Al Mahdi (PSl) il a forcément apporté des retouches aux pratiques religieuses notamment celles au mariage. Celles-ci tournent autour des spécificités en phase avec le coran et la Souna , des devoirs et droits des conjoints et un principe de dévotion et de sobriété.
Particularités en phase avec le coran et la souna
Seydina Limamou Laye a prêché pendant vingt six (26) ans, -de 1883 à 1909- le rejet de l'exclusivisme de caste, le mariage des jeunes à la naissance ou mariage au berceau et la polygamie.
Le système des castes instauré, ne permettait pas aux neenos d'épouser les géers : un tisserand ou cordonnier ne pouvait pas épouser une noble et vice versa. Ce système endogamique calqué sur le rang social, basé sur la division sociale du travail était un frein à l'épanouissement des familles.
Pour méditer sur l'incohérence de ce système, posons cette question aux malades ayant besoin d'un don de sang pour survivre. Doit -on contrôler avant toute opération le rang social du donneur, pour savoir s'il est néeno ou géer ? Aussi n'a-t-on pas vu un prophète maçon forgeron ou pratiquant un métier manuel ? Le prophète Daouda -PSL- en est un exemple.
Chez les layénes, les mariages sont célébrés sans faire e distinction entre les gens dits « castés » ou non et pour montrer la justesse de ses enseignements, il donnait toujours le bon exemple. Dans la pratique de ses enseignements, Seydina Limamou Lahi -PSL- était le modèle à suive ; dans sa philosophie tous ses disciples sont des parents, égaux devant Dieu. Le meilleur étant le plus pieux.
Il instaura les mariages des filles bébés âgées à peine d'une semaine. Ainsi, le mariage est célébré par l'imam chargé de baptiser l'enfant. Une fois majeure ou nubiles, et que les deux mariés ne sont plus consentants, le mariage est purement annulé et la dot remboursé. Ce type de mariage ou « mayou deuss » , par référence aux nattes sur lesquelles s'assoient l'imam et les invités pour célébrer l'événement entre deux personnes non majeurs, n'est pas une première dans l'islam. Mohamet - PSL- avait épousé Aicha- alors qu'elle avait sept -07 - ans.
Par ces mariages, Seydina Limamou Lahi -PSL- place très tôt ses disciples dans un état de dévotion. Ils permettent aussi de préserver ses disciples du libertinage et ses conséquences, et de responsabiliser dés le jeune âge les deux mariés, qui par le biais des parents, entretiennent déjà des liens d'époux à épouse.
Des cadeaux sont offerts, et des visites de courtoisies étaient fréquentes entre les deux concernés durant les fêtes musulmanes- tabaski, korité ou tamkharit entre autes. Par ces visites, les deux conjoints apprendront à mieux se connaître. Seydina Limamou Laye - PSL- disait » au paradis je n'ai vu aucune femme célibataire (1) ». Aussi voulait - il éviter à sa communauté de longs moments de célibataire et des mariages célébrés sur le plancher de la mort ?
En plus, il a très tôt recommandé à ses disciples la polygamie illimitée à condition que l'homme puisse satisfaire les besoins de sa famille. Il dit dans ses sermons « je vous recommande de vous occuper de vos familles ». Il importe de noter que ces recommandations se trouvent bel et bien mentionnées dans le coran et la souna. Le coran dit « épousez les femmes qui vous conviendront à raison de deux, trois, ou quatre. Si vous craignez d'être partiaux que ce soit une seule épouse ou des esclaves- verset 4 sourate 3 - ».
Le nombre de femmes possédé par Mohamet -PSL- n'est pas connu de façon exhaustive. Mais il n'est un secret pour personne au minimum, neuf- 09 - femmes ont porté le deuil de Mohamet- PSL- à sa mort.
Aucun verset n'a mentionné explicitement le limitation de la polygamie à quatre. Cette faveur n'est pas seulement accordée à l'Elu de Dieu - comme veut le croire ceux qui se basent sur la souna pour réfuter la polygamie sans limite- ; mais à toute la communauté islamique. D'autres savants plus amnésiques défendent la thèse selon laquelle, Mohamed- PSL- s'est séparé de ses femmes pour en retenir quatre suivant ainsi l'ordre divin après la descente du verset cité.
Dans la cour de Seydina Limamou laye, les mariages sont célébrés en chantant la formule : lahi laha ila lah ; et en respectant les recommandations divines t ses enseignements. Il dit dans ses sermons « ne consommez et ne buvez que ce que vous honnêtement acquis, ne montez que sur ce qui est honnêtement acquis. N'utilisez sur l'ensemble de tout ce qui peut vous servir, que des choses proprement acquises ». Pour dire que malgré la solidarité et la souna, dans lesquelles les disciples de Baye Laye -PSL- veulent s'ancrer, ils doivent bien se soucier de la manière dont on acquiert et consomme les faveurs accordées par la Bon Dieu
Devoirs et droits des conjoints
Les femmes, comme les hommes ont des devoirs à observer et des droits à respecter pour une vie de couple harmonieuse. Chez les layénes, les femmes et les hommes ont le même statut dés lors qu'il s'agit de pratiquer les recommandations divines (prières, chasteté, aumône et jeûnes entres autres). Seydina Limamou Lahi- PSl- dit « sachez, Ô vous femmes du peuple de Mohamed, que celles parmi vous qui supportent avec patience leur mari, recevront de Dieu la récompense qu'il attribua à Ramata, épouse de Ayoba ».
Quant aux hommes, ils entreront au Paradis, une fois la somme des préjudices causées à sa femme et / ou famille déduites de ses bonnes actions. C'est pour dire qu'il a une lourde responsabilité envers sa famille à qui il doit « l'accomplissement de bons devoirs ». Il doit aussi donner aux épouses une éducation religieuse. Les maris patients et indulgents face aux mauvais caractères de sa femme recevront la même récompense que le prophète Ayoba- PSL-. Seydina Limamou Lahi -PSL- nous dit « soyez cléments à l'égard des besoins de vos épouses, en nourriture et vêtements, et évitez de leur infliger des torts . »
Principe de dévotion et sobriété
Au temps de Seydina Issa Rohou Lahi -PSL- fils et successeur de Seydina Limamou Lahi -PSl-, la tradition est respectée ; mieux le mariage était une dévotion ou une quête de l'agrément de Dieu. La mariée est obligée de rejoindre sa maison conjugale dans les brefs délais. Toutes les activités afférentes au mariage se limitent au même jour. Durant le règne du confirmateur du mahdi, des mariages en groupe sont célébrés avec l'aval des parents des deux prétendants avec l'agrément des deux concernés.
L'importance pour ces « épris de (2) Dieu » : c'était de respecter la parole de leur prophète et de leurs parents ; sachant que la meilleur éducation pour un enfant commence par le choix d'une bonne mère. Et, il n'y a de compétition et de supériorité que dans la pratique des enseignements religieux. Beaucoup de nos mères sont invitées à rejoindre la maison conjugale sur ordre du Saint maître avec fierté, après de durs travaux champêtres (ramassage de fagots de bois morts, labour ou autres).
Chez les layénes marier sa fille est l'expression d'une reconnaissance à Dieu et non pas l'occasion de réjouissance de toute sorte et la quête d'un bonheur hypothétique. C'est pourquoi c'est un moment rythmé par la formule la ila ha ila lah dont la doctrine constitue le socle, et par des recommandations des parents. Dans son sermon, Seydina Issa Lahi - PSL- disait « les amusements et tout ce qui leur ressemble, en toute chose, sont prohibés par Dieu, à jamais, pour tout homme adulte . » Il y avait une solidarité agissante entre les deux parties et une compréhension réciproque.
La mise en ouvre des enseignements de Baye Laye - PSl- sur le mariage nous préserverait des excès dans la pratique quotidienne comme le mariage. Ces excès finissent par dresser des familles que le mariage devait au contraire unir dans la complicité, bienfaitrice, la solidarité, l'indulgence, la magnanimité la tolérance, et la discrétion. Ces principes en sapant les entraves matérialistes du mariage amoindrit les risques de litige et du divorce très fréquents dans les ménages de nos jours en mal de repère.
Les litiges et les rares divorces sont réglés dans la plus grande discrétion au sein des « EUT (3) » et non pas au tribunal. Avec le temps, certaines traditions commencent à perdre leur poids dans la pratique comme le choix du conjoint ou le suivi des mariages au berceau. Tous les khalifes, ayant succédé à Seydina Limamou Lahi -PSL- à la tète de la confrérie, ont eu à célébrer des mariages en série à moindre frais.
Dans le même sillage, prés de cent mariages en série sont célébrés dans le milieu layéne par l'actuel khalife des layénes au courant de cette année. Une somme de cinq mille est versée pour la dot. Le non suivi des recommandations de Seydina Limamou Lahi -PSL n'aura que des conséquences auprès de notre vécu quotidien.
Célébrer un mariage chez les layénes est le respect d'un précepte religieux pour les deux parties et une manière de respecter la souna de Seydina Limamou Lahi -PSL-. En quittant ce bas monde, il nous laissé des sermons dans lesquels ses enseignements sont explicitement mentionnés. Il nous reste, nous disciples à les suivre pour mériter sa venue parmi nous et servir de modèles à l'Humanité pour l'idéal qu'il voulait promouvoir, car ne sommes nous ses « représentants » ?
Ousmane MBENGUE Comité d'Organisation de l'Appel
Commission Presse/ Documentation
Email : layeoussou@hotmail.com
Les sermons de Seyina Liamaou Lahi et de son fils- traduit par Imam Sakhir Gaye et Pr Assane Sylla
La venue du Messie : Mythe ou réalité- Ibrahima DIOP - Octobre 2000- 88 pages-
EUT : terme wolof qui signifie cour - les maisons sont construites sous forme de U avec un conseil de sage ; ce système est instauré par Seydina Issa Rohou Lahi (PSL) |