Le Mahdi
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VISITE - Sites religieux de Cambérène, Ngor et Yoff :
Retour sur les pas de Seydina Limamou Laye

La 127e édition de l’anniversaire de l’Appel de Seydina Limamou Laye se prépare activement du côté de ses disciples. En prélude à cet évènement religieux, une caravane a été organisée, dimanche dernier, à l’intention de la presse, pour visiter les sites devant l’abriter, les 13 et 14 août prochains. Ainsi, Serigne Cheikh Mbacké Laye, petit-fils du vénéré Seydina Limamou, à la tête de la caravane, a revisité l’histoire des différents sites, qui sont «lourds de signification».

La première étape de la tournée a été réservée à la «fameuse grotte de Ngor». Un lieu «symbolique» qui, selon Seydina Limamou, sur la base des propos rapportés par Cheikh Mbacké Laye, «sa lumière a séjourné en ce lieu pendant 1000 ans». Notre guide de poursuivre que «chaque nuit, cette lumière parcourait le monde pour voir dans quel peuple elle devait descendre pour lancer l’appel du Mahdi». D’ailleurs, souffle un membre de la délégation, le fait d’appeler cette zone «Almadies» n’est pas fortuit. «Cela confirme seulement que le Mahdi était là.»

Ensuite, la caravane est retourné à Yoff, «lieu de l’Appel de Seydina Limamou Laye, en 1883», narre son petit-fils. Appel au sortir duquel, Yoff est «assailli» par des populations venues de partout et «adhérant à la communauté». Ainsi, le «Mahdi» fut menacé par «l’envahisseur européen» au point qu’il se décida «à emprunter le chemin de l’exil» avec «quatre de ses plus fidèles disciples».


Au cours de son exil, rapporte-t-on encore, Seydina Limamou Laye a traversé les Parcelles Assainies, Pikine, Mbao, des zones où «il a laissé des empreintes». Après plusieurs jours de marche, «il demanda à ses compagnons de s’installer à Nguediaga», troisième étape de la caravane. Ce site est également «lourd de signification pour les layènes», selon Serigne Cheikh Mbacké Laye. En effet, situé à Malicka, c’est sur ce site que «Limamou Laye s’est réfugié pendant trois jours, avant se de livrer aux envoyés des colons», qui étaient déterminés à «se débarrasser de lui». Convaincu qu’il aurait le dernier mot, Seydina Limamou «accepta d’embarquer dans une pirogue, qui s’est finalement arrêtée à Gorée». Il passera trois mois sur l’île, durant lesquels, beaucoup d’évènements se seraient passés entre lui, les colons et les insulaires. Pour la petite histoire, souffle-t-on encore, le chiffre 3 est très significatif chez les Layènes, puisque Seydina Limamou «est forcé à l’exil, trois ans après son Appel. Puis, il a passé trois jours au lieu de son exil, avant de passer trois mois à Gorée».


Après Malicka, le cap est mis sur Cambéréne, plus précisément sur le site de Ndingala «qui a été déplacé de Nguédiaga à cause de la peste de 1914». Ce lieu, également symbolique par son baobab et son puits à «caractère extraordinaire», a eu droit à sa petite histoire. En effet, le puits évoqué «a une eau douce, qui possède de multiples vertus thérapeutiques comme en attestent les gens qui viennent de partout pour boire, se laver et en emporter». Selon Serigne Cheikh Mbacké Laye, «de son retour de Gorée, Seydina Limamou a atterri à ce lieu».
Ce site fut créé par le «Mahdi» «pour caser les fidèles venus de l’intérieur du pays pour répondre à son Appel». Ces derniers avaient «d’énormes problèmes pour s’établir à Yoff». Appelé à l’époque Kem-Médine (comme Médine) par déformation, ce lieu donnera finalement le nom de Cambérène.
Un lieu saint qui a la particularité d’abriter une bonne partie de la population layène du Sénégal, «plus de 95%», indique-t-on.


Cambérène abrite le mausolée de Seydina Issa Laye, fils aîné de Seydina Limamou Laye. Après le rappel à Dieu de ce dernier en 1909, c’est Seydina Issa Laye, qui lui succéda au trône. Son passage à la tête de la communauté layène est relaté par Serigne Cheikh Mbacké Laye, avec beaucoup d’admiration. Homme de paix, aimé de toutes les confréries religieuses du Sénégal, Seydina Issa, selon le rapporteur, a marqué son temps et a largement favorisé l’ampleur de cet Appel, dont l’anniversaire en est à sa 127e édition.

Soure : Le Matin

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