Ababacar SYLLA avait connu Seydina Limamou Lahi - PSL- sept -07- ans avant l'appel et jusqu'à son rappel à Dieu, il est resté son ami comme lors de sa première mission en Arabie. De solides relations d'amitié les liaient de ce fait. Seydina Limamou Lahi de retour de sa mission à Gorée en 1886. Il est resté trois mois chez lui à Dakar avant de rejoindre Yoff son village natal. IL lui a donné, pour magnifier son amitié sans faille, la main de sa fille, Mame Toute SYLLA.
Mame Mbaye SYLLA était cadi pendant vingt -22-ans au tribunal musulman et imam de la grande mosquée de Dakar. Il maîtrisait parfaitement la langue arabe et le droit musulman. Ces attributs et privilèges ne l'ont pas empêché de lier un pacte d'allégeance avec Seydina Limamou Lahi. Et il savait parfaitement les faveurs qu'il peut tirer de l'adhésion à la doctrine de Seydina Limamou LAHI - PSL-
D'ailleurs, cette adhésion ne s'est pas fait au hasard. Il a vu, tout jeune, pour la première fois en rêve, le prophète assis sous un arbre en train de discuter avec lui. Il a aussi rencontré le saint maître, lors des différentes audiences qu'il a présidées et auxquelles Seydina Limamou LAHI- PSL- non encore investi de la mission de prophète) était venu accompagner ses parents yoffois. De là il a perçu les faveurs accordées par le Bon Dieu à l'Elu de Toute l'Humanité. Il a vu écrit sur le corps de Seydina Limamou Lahi - PSL- la formule d'adhésion à l'islam : lahi laha illahou seydina mouhamadou rassoulahi . Mais, il ne parvenait pas à voir les contours de son corps. Sa tête se perdait dans le ciel et ses pieds sous la terre.

La profondeur de telles relations d'amitié et d'allégeance explique la réaction de Seydina Limamou Lahi à l'annonce du rappel à Dieu de son ami de longue date. Le saint maître dit « (1) s'il plait à Dieu, je le ressusciterai Bâye Dâgou (2) n'ose pas quitter ce monde sans en discuter avec moi . » Il se rendit de yoff à Dakar auprès du défunt, l'appela trois fois et il se releva. Ils causèrent ensemble avant rendre l'âme une seconde fois une semaine après. L'assistance resta stupéfaite. Par cet acte miraculeux, Seydina Limamou Lahi -PSL- voulait montrer, une fois de plus qu'il a des pouvoirs qu'il détient de Dieu comme celui de ressusciter les morts. Ses pouvoirs et miracles prophétiques vont encore s'exercer auprès de son fils Ababacar LAHI -le modèle.
Ababacar Lahi dit Mame Mbaye est né en 1896 à Yoff. Sa mère se nomme Mame Touty SYLLA de son vrai nom Aminata SYLLA, son père Seydina Limamou Lahi -le mahdi - PSL- . Sans aucun doute, sa vie sera surtout marquée par les qualités hors pair héritées de son père. Dés sa naissance, Seydina Limamou LAHI dit Seydina Limamou Lahi -PSL- se chargea personnellement de son éducation. IL avait perdu sa mère Mame Toute SYLLA très jeune .
A peine âgé de six à sept ans, son père l'appela pour lui faire lire une lettre en arabe écrite par l'un de ses détracteurs yoffois. N'ayant jamais fréquenté l'école arabe ou française, il répondit « je ne sais pas lire ». Après trois essais, Seydina Limamou Lahi -PSL- posa sa sainte main sur la tête de l'enfant et celui-ci lit le contenu de la lettre. Il confia à son fils Ababacar LAHI « si on te demande d'où tu as pris ton enseignement réponds, « c'est à mon père que je le dois ; si on te demande d'où ton père a pris son enseignement réponds, « c'est Dieu son seul maître. »
Par cet acte miraculeux, Seydina Limamou Lahi - PSL- montra une fois de plus à l'assistance qu'il détient des faveurs provenant de Dieu. Et que dés qu'il le désire, il peut souffler en direction d'une personne imbue de connaissances et celui-ci perdait à l'instant toutes ses connaissances. De même, il peut inculquer des savoirs intarissables comme son fils. Ababacar Lahi a eu à mener des missions hors du pays et à l'intérieur du pays dans lesquelles il a montré ses (3) pouvoirs infinis.
II Mission prolifique à l'étranger et l'intérieur du pays
IL grandit avec ses faveurs auprès de son père qui rendit l'âme en 1909. A l'annonce de la première guerre mondiale, et devant l'injonction des colons, Seydina Issa Rohou Lahi - PSL- devait mettre sous les drapeaux Seydina Mandione Lahi comme tirailleur sénégalais. Ababacar Lahi se porta volontaire à la place de son frère.
Il rejoint l'armée coloniale comme les autres fils /ou disciples de famille religieuse du pays. Mais malgré sa jeunesse, il se montra héroïque au front en Europe. Encerclés par les allemands, il parvient à sauver ses camarades en leur évitant la mort de façon prodigieuse. Il leur avait demandé que chaque soldat pose son bras sur l'épaule de son camarade placé devant lui. Il leur avait promis de rentrer sains et saufs à la condition de ne point ouvrir les yeux après sa prière. A la fin, ils se sont retrouvés dans un autre endroit loin des allemands. Il a dirigé une prière sans que l'on puisse savoir d'où proviennent les magnifiques habits qu'il portait.

De retour de sa mission de soldat, il assista ses frères en toutes circonstances. Nonobstant ses faveurs héritées de son père et de la grâce qu'il gagna auprès de Dieu le Créateur, il montra toujours ses aptitudes à être un disciple de Seydina Limamou Lahi et sa disponibilité au service de la population de yoff et environnante. Il n'a jamais cessé de dire « moi Babacar, je n'ai pas de talibé ». IL menait quelques missions sous les ordres de ses frères.
Il a dirigé la délégation devant présenter ses condoléances à Serigne Fallou Mbacké, suite au décès de son fils Abdou Karim en 1958. Dans la délégation prédestinée, convoyée dans un train à trois wagons, « damare » étaient présentes trois femmes comme l'avait bien prédit le saint de Touba avant de rendre l'âme. Les trois wagons symbolisaient : la foi, l'islam et la persévérance dans la droiture- « limane, likhsanne et l'islam ». Il a eu à se rendre une seconde fois à Touba sur invitation de Serigne Fallou qui l'a comblé de cadeaux. Serigne Fallou lui a remis une natte sur laquelle son père priait ; cadeaux scellant ainsi les relations entre les deux familles religieuses.
Il a effectué un voyage à Bargny chez Alassane Ngom (4), visite, où il a montré ses pouvoirs de sauveur et de guérisseur. On lui présenta une personne prise par les démons, il parvient à la soigner sans rien demander. De plus, il avait une plume « xalima »très efficace reconnue par tout le monde. Des personnes d'origines diverses, venaient lui rendre visite parfois à des heures tardives pour résoudre leurs problèmes et elles rentraient toujours très satisfaite, par la grâce de Dieu.
Il a séjourné aussi à Cambérène en 1909, sous le khalife de Seydina Issa Rohou Lahi - PSL-. Il est resté six mois auprès de son frère et a présidé la prière de nafila durant tout le mois de ramadan. Il présidait de même les prières de « tisbar » durant chaque fête de korité, et aussi une prière d'adieu de fin de ramadan à Diamalaye en 1965, un an avant sa disparition. Seydina Mandione Lahi avait un empêchement et n'a pu assister à la prière.
Ces différentes sorties, montrent qu'Ababacar Lahi avait des missions à effectuer consistant à prouver que son père est le mahdi de Yoff. Elles prouvent aussi si besoin en est qu'il est un modèle dont le rôle est de venir en aide aux populations d'obédiences religieuse différentes dans la détresse et / ou dans le besoin. Cet héritage lui vient de Seydina Limamou Lahi - PSl son illustre père en plus des faveurs accordées par le Bon Dieu. La ressemblance avec son père ne se limite pas là.
Son père avait une voix qui rappelait « le vacarme de la mer » ; il est le seul héritier de ce don de Dieu. Il n'a jamais pu être photographié clairement parce qu'il était le sosie de son père, et rares sont les prises photographiques sur lui. Et ces traits physiques n'apparaissaient pas clairement sur la photo. Après le décès de son père, l'Oummah layène avait reconnu en la copie conforme de Seydina Limamou Lahi ( PSL)
Malgré cela par la volonté, il n'a pu être khalife. Et à son rappel à Dieu, il est enterré prés de son père ,Seydina Limamou Lahi . Macalou note dans son livre en reprenant l'interprétation des songes d'Ibn Sirine que le prophète avait dit « je me suis vu en songe au dessus d'un puits en train d'apporter de l'eau à des moutons noirs. Ensuite, Abu Bak, prit le seau, le descendit dans le puits une ou deux fois et souleva en dénotant une faiblesse . ».
Ces propos de Mohamed - PSL- montre que la voie de Mame Mbaye était déjà tracée depuis. Il ne pourra pas apporter de l'eau aux « moutons noirs » lors de sa seconde mission sous le nom de Seydina Limamou Lahi le mahdi. Dans la cour de Seydina Limamou Lahi -PSL- chacun de ses fils avait une mission bien particulière à mener. Il avait aussi, comme son père, le pouvoir de ressusciter les morts, Sokhna Bineta KA et Mamadou DIOP résident à Yoff sont témoins de certains faits.

III Paterfamilias ennemi de l'oisiveté
Il mena une vie exemplaire à Yoff, et s'occupa de l'éducation surtout spirituelle de ses enfants. Des maîtres coraniques sont recrutés aux fins de leur inculquer les préceptes de bases de la religion musulmane. Dans sa maison, il était impossible de reconnaître son fils du reste de la famille car tout formé un corps homogène. Sa famille était comblée de bonheur, car il tenait beaucoup au bien être de sa famille et tenait au secours des nécessiteux. Il n'était pas rare de le voir s'activer dans les travaux champêtres. Sa parcelle agricole se trouvait à l'emplacement actuel du foyer de Yoff. Il invoquait les grâces divines aux pêcheurs - fussent -ils ses détracteurs-quand ils ne parvenaient plus à capturer du poisson. Son cour débordait de générosité. Il est parti rejoindre son illustre père le vingt sept « -27 mami cor 1966 » sous un temps pluvieux.
La vie de Mame Mbaye Lahi , le modèle, peut être perçue comme une mission celle de : montrer les pouvoirs incommensurables de son père, acquis auprès de Dieu d'une part et d'autre part au reste de la Oummah les qualités d'un disciple layéne. Son rappel à Dieu fut une perte pour toute la nation de confession religieuse différente, qui gagneraient beaucoup à capitaliser un destin aussi exceptionnel, qui est la vie si courte d'un fils de Seydina Limamou Lahi -PSL- doué d'énormes pouvoirs spirituels. Ces actes d'une simplicité rare et paroles mesurées étaient animées par le seul souci d'avoir l'agrément de Dieu, le Tout Puissant, et non pas l'espoir d'un gain immédiat.
Ousmane MBENGUE
Association Nurul Mahdi
Commission Scientifique.
Email : layeoussou@hotmail.com
Dugâ Mâdy Macalou CISSE-Le sceau du Paraclet : le mahdi et le messie, l'éclairage de la Bible et du Coran- 2000-Ségali Productions (252 pages)
Bâye Dâgou est un surnom de Mame Mbaye Sylla
Entretien avec Mame Alassane Thiaw Lahi fils cadet de Mame Mbaye Lahi Aout 2005
Entretien avec Mame Seynabou Lahi , fille aînée de Mame Mbaye fait par « Farlu ci Diné ji » en 2004